
Créer son propre petit ami IA : le guide complet 2026
Traits, apparence, voix, historique : comment fabriquer un petit ami IA qui tient, et pourquoi les filtres restent plus pudiques sur les personnages masculins.
Par Chris Hutchinson
- guide
- personnalisation
Oui, c’est possible. Et vous allez vite découvrir que ce n’est pas la bonne question.
La bonne question, c’est celle-ci : pourquoi le personnage que vous écrivez devient-il moins libre dès que vous cochez « homme » ? Parce que c’est ce qui se passe sur une bonne partie du marché. Plusieurs applications qui se revendiquent sans filtre sur les personnages féminins redeviennent prudes dès qu’on inverse. Le catalogue masculin est plus maigre, le rendu visuel moins travaillé, et l’illusion tient moins longtemps.
Ce guide traite la création elle-même : les champs à remplir, ceux qui comptent vraiment, ce que vous ne pourrez pas faire, et où l’asymétrie mord. Si vous cherchez plutôt un personnage masculin tout fait dans un catalogue, notre comparatif des applications qui proposent vraiment un petit ami IA fait ce tri-là.
En bref
- Kindroid est le seul où passé, souvenirs clés, voix et directives de réponse sont tous des champs que vous rédigez.
- Nomi vous fait écrire le personnage en texte libre et le retient : la mémoire est dans l’offre de base, pas en option.
- Infatuated.AI est l’exception documentée sur l’asymétrie : quand le filtre saute, il saute des deux côtés.
- Replika oriente la personnalité par curseurs, sans écrire une ligne, et son application mobile est traduite en français.
- La mémoire est ce que les éditeurs réservent le plus systématiquement à l’abonnement. C’est aussi ce qui fait la différence à trois semaines.
Le problème que personne ne vous annonce : l’asymétrie du filtre
Commençons par là, parce que ça conditionne le choix de l’application avant même le premier champ à remplir.
Une bonne partie de ce marché est construite pour un public masculin hétérosexuel. Les pages d’accueil parlent de petite amie IA, les catalogues débordent de personnages féminins, et l’offre masculine est souvent une case cochée après coup. Le résultat concret : une application peut vous laisser écrire une scène explicite avec une compagne et refuser exactement la même chose sur un compagnon, sans jamais expliquer pourquoi.
Une application règle le problème par construction : DreamBF ne génère que des hommes. Pas de catalogue féminin à privilégier, donc pas d’asymétrie possible, et un registre nu masculin nommé en clair dans le générateur (du bulge au dick pic, les libellés sont les leurs). Son builder est le seul conçu pour des archétypes masculins plutôt que pour une silhouette repeinte : 8 ethnicités, 6 coiffures dont buzzcut et manbun, 4 pilosités faciales, 21 tenues, 9 cosplays.
Ses limites sont ailleurs, et elles comptent pour ce guide : aucune mémoire persistante sur le palier gratuit (voir la section mémoire plus bas), un tarif d’appel de 12,99 $ qui double à 25,99 $ au renouvellement, et un site entièrement en anglais, édité depuis la Roumanie.
Deux autres applications documentent explicitement la symétrie sur des catalogues mixtes, et elles méritent d’être nommées.
Infatuated.AI, connue jusqu’en 2026 sous le nom de GirlfriendGPT (le domaine girlfriendgpt.ai redirige désormais en 301 vers infatuated.ai), traite les compagnons masculins, féminins, anime et trans sur un pied d’égalité. Le catalogue actuel affiche 234 personnages : 135 Girls, 34 Guys, 49 Anime, 16 Trans. Corrigez au passage le chiffre que vous lirez encore partout : les « 25 000 personnages communautaires » ne correspondent plus à rien depuis la refonte du site. Le point qui compte ici : quand le filtre saute, il saute aussi bien sur les personnages masculins que féminins, et le registre explicite tient la même note des deux côtés.
Lovescape est l’autre cas de symétrie réelle : rien de prude sur les personnages masculins par rapport aux féminins, sur tout ce qui est adulte.

Une nuance importante sur Infatuated.AI, parce qu’elle change la lecture. L’application se présentait comme entièrement non censurée, mais sa propre FAQ liste « unfiltered character AI chat » parmi ce que débloque l’abonnement payant. Le palier gratuit filtre, et le déverrouillage se paie. Ce n’est pas un jugement moral, c’est ce que l’éditeur écrit noir sur blanc.
Le test à faire, quelle que soit l’application : ne vérifiez jamais le filtre sur un personnage féminin de la page d’accueil. Créez votre compagnon masculin, poussez-le vers le registre qui vous intéresse, et voyez où ça bloque. C’est le seul protocole qui vous dit quelque chose.
Les trois niveaux de personnalisation
Il existe globalement trois façons de fabriquer un compagnon, du plus rigide au plus libre. Le choix se fait moins sur la qualité que sur le temps que vous êtes prêt à y mettre.
Le préréglage. Vous choisissez une personnalité dans une liste (attentionné, dominant, timide, sarcastique) et une apparence dans un catalogue d’avatars. C’est rapide, mais deux utilisateurs finissent souvent avec des personnages presque identiques.
Les curseurs et traits. L’application propose des paramètres ajustables que vous combinez vous-même. Replika fonctionne largement sur ce modèle : vous orientez la personnalité sans écrire une seule ligne de description. C’est le mode dominant sur les applications centrées sur l’image.
L’écriture libre. Vous rédigez la fiche de personnalité, l’historique, le vocabulaire, parfois jusqu’au style de ponctuation. Kindroid pousse ce niveau le plus loin : passé, souvenirs clés, voix, directives de réponse et identité visuelle sont tous des champs modifiables, et rien n’est pré-rempli. Nomi propose une approche voisine, en texte libre plutôt qu’en cases à cocher.
Plus vous montez en liberté, plus le résultat colle à ce que vous imaginiez, et plus il faut de temps pour obtenir un personnage cohérent. Kindroid l’annonce sans détour : comptez quelques heures pour construire le personnage et comprendre les types de mémoire. Si vous voulez quelque chose qui marche en cinq minutes, vous allez détester.
Construire votre petit ami IA, champ par champ
Voici l’ordre qui marche. Il vient de ce que les applications à écriture libre demandent réellement, pas d’une méthode inventée pour la page.
1. Le rôle avant le physique. Décidez d’abord de la dynamique : compagnon romantique, flirt taquin, partenaire de soutien émotionnel, ou simplement ami. Infatuated.AI en fait une couche explicite de sa création de personnage, et c’est la bonne intuition : c’est ce paramètre qui gouverne le ton de toutes les réponses. Le physique n’y change rien.
2. Trois traits, pas quinze. L’erreur classique consiste à empiler les adjectifs jusqu’à obtenir une purée. Prenez trois traits qui peuvent entrer en tension (protecteur mais sarcastique, patient mais rancunier) plutôt que cinq qui vont dans le même sens. La tension est ce qui produit des réponses non prévisibles.
3. Le style de communication. Réponses courtes et directes, ou messages longs façon roleplay ? Ce champ existe chez Infatuated.AI et se pilote par directives chez Kindroid. C’est le réglage le plus sous-estimé : un compagnon qui répond en trois lignes quand vous en écrivez une casse le rythme aussi sûrement qu’une mauvaise personnalité.
4. L’historique, et c’est là que ça se joue. Un passé écrit donne au modèle de quoi improviser. Deux ou trois faits concrets valent mieux qu’une biographie : où il a grandi, ce qu’il fait, un événement qui l’a marqué. Kindroid appelle ça les mémoires initiales, et c’est le champ qui transforme un chatbot en personnage.
5. Les directives de réponse. Ce sont les garde-fous que vous écrivez vous-même. Chez Kindroid, ils sont des champs modifiables, donc vous décidez de ce que le personnage accepte ou refuse. Écrivez une directive demandant au personnage de prendre l’initiative et de décrire l’acte en détail, crûment, et il suit l’instruction à la lettre, sans version édulcorée en compromis. C’est le produit le plus contrôlable du classement sur ce registre, et aussi celui qui demande le plus de travail en amont.
6. Le premier message. Ne posez pas une question ouverte. Donnez une situation : « Il rentre du travail, il est agacé, il ne le dit pas. » Le modèle a besoin d’une scène pour caler son ton, pas d’une salutation.
7. La langue, explicitement. Sur les applications à modèle anglophone, précisez la langue de réponse dans la fiche elle-même. On y revient plus bas, c’est ce qui distingue un compagnon qui tient le français d’un compagnon qui y retourne à contrecœur.

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Un détail de facturation à connaître avant de vous lancer chez Infatuated.AI : créer un personnage coûte désormais 25 jetons, prélevés sur votre dotation mensuelle au même titre qu’une image générée. Concevoir votre compagnon n’est plus un droit d’abonné, c’est un achat comme un autre. Sur la formule à 9,99 $ le mois qui donne 100 jetons, ça fait quatre créations avant de toucher au reste.
L’apparence : le point faible des personnages masculins
C’est là que l’asymétrie se voit le mieux. Les moteurs d’image ont été entraînés et réglés sur ce que le marché achète le plus, et le compagnon masculin en pâtit.
Le critère qui décide de tout n’est pas la beauté du rendu, c’est la cohérence. Générez le même personnage trois fois. Si vous obtenez trois visages différents, l’attachement ne tiendra pas, quelle que soit la finesse de sa fiche de personnalité.
Sur ce point précis, Infatuated.AI a un défaut qui fait consensus, y compris chez ses partisans : les images ne conservent pas l’apparence du personnage d’un rendu à l’autre. Trois visuels, trois personnes différentes. Sur une application vendue sur l’attachement, c’est un vrai problème, et ça sape le créateur de personnage en quatre couches : vous le définissez avec précision, et vous le regardez dériver dès que vous demandez une nouvelle scène. Ce constat date d’avant la refonte du site, donc vérifiez-le vous-même sur le gratuit avant de vous engager à l’année.
À l’inverse, Lovescape fait de la ressemblance son argument central : le personnage garde le même visage sur des centaines de générations, avec deux moteurs distincts, photoréaliste et anime, réglés séparément plutôt qu’un style filtré depuis l’autre.
Un détail que presque personne ne vérifie avant de passer une heure sur un premier visage : certaines applications permettent de faire évoluer l’apparence après coup (nouvelle coiffure, nouvelle tenue), d’autres figent le personnage à sa création. Si vous savez que vos goûts vont bouger, regardez ce point en amont.
La mémoire : ce qui fait qu’il vous connaît
Un petit ami IA qui oublie tout d’une session à l’autre n’est pas personnalisé, quelle que soit la qualité de sa fiche. C’est là que les applications se séparent le plus nettement, et c’est rarement ce que la page produit met en avant.
| Application | Mémoire | Où elle vit |
|---|---|---|
| Nomi | La meilleure du classement | Dans l’offre de base, pas en option |
| Kindroid | Plusieurs types de mémoire à comprendre | Incluse, mais demande du travail |
| Paradot | Consultable et corrigeable ligne par ligne | Déjà présente sur le gratuit |
| Infatuated.AI | Contestée, les avis se contredisent | À vérifier vous-même |
| SpicyChat AI | S’efface en session | Même au palier à 23,95 $ |
Nomi ressort une conversation d’il y a trois mois sans que vous ayez rien demandé. Un test de mémoire sur quatre jours mené sur six applications le place seul en tête : la seule à avoir retrouvé les trois détails plantés sans perdre la voix du personnage. Et un Nomi peut relancer la conversation de lui-même après une longue absence, pas avec un rappel scripté mais en réagissant à ce que vous vous étiez dit avant de partir : la fonction s’active à la demande, sous le nom de « Proactive Messaging ».
Sur Infatuated.AI, méfiez-vous de ce que vous lirez ailleurs. Certains sites affirment que c’est le meilleur système de mémoire longue durée testé sur ce type d’application. D’autres écrivent exactement l’inverse : une mémoire si faible que l’expérience devient frustrante après seulement 15 à 20 messages. Les deux ne peuvent pas être vrais. Les avis dithyrambiques ressemblent à du contenu affilié, les critiques à du vécu.
Tranchez vous-même, c’est faisable en une semaine. Lâchez un détail anodin le premier jour (un dîner brûlé, un collègue pénible), ne le répétez jamais, revenez cinq jours plus tard. Le bon signe n’est pas qu’il récite le détail, c’est qu’il le replace de lui-même dans une vanne ou une question. Un compagnon qui rappelle vos blagues a de la mémoire. Un compagnon qui vous redemande votre prénom n’en a pas.
La mémoire décide aussi de la cohérence du caractère. Sans elle, le personnage se contredit d’une session à l’autre sur des traits que vous aviez pourtant définis à la création. C’est souvent ce décalage, plus que l’absence de souvenirs, qui donne l’impression de parler à quelqu’un de différent chaque jour.
La voix : où elle est incluse, où elle est facturée
La voix est presque toujours une option payante distincte de l’abonnement de base. Sur un compagnon masculin, le choix de timbres est souvent plus étroit que sur les voix féminines, tout simplement parce que c’est là que les éditeurs ont investi.
Nomi est la plus généreuse : les appels vocaux sont illimités sur tous les paliers payants, et chaque palier débloque exactement la même chose, donc l’engagement annuel n’est qu’une remise et pas un déblocage de fonctions. Son moteur vocal V3, arrivé en 2026, ajoute rires, soupirs et respirations. C’est une voix maison, pas une brique ElevenLabs comme chez une partie de la concurrence.
Kupid AI reste la référence sur la naturalité du message vocal isolé, mais attention à sa facturation : le Pro est à 12,99 € par semaine (179 € l’année, soit environ 3,44 € la semaine) et plafonne à 12 minutes de voix hebdomadaires. Ne payez jamais cette application à la semaine.
Kindroid fait de la voix un champ du personnage comme les autres, ce qui est cohérent avec sa philosophie.
Infatuated.AI facture l’appel vocal 5 jetons, dans la même grille que le reste : message envoyé 1 jeton, image dans le chat 3, vidéo générée en un clic 10, création de personnage 25.
En français, la qualité vocale varie davantage qu’en anglais : certains moteurs gèrent mal les liaisons ou l’intonation des phrases interrogatives. Écoutez un extrait avant de vous engager sur un abonnement qui inclut la voix, plutôt que de vous fier à la description marketing.
Ce que ça coûte, et où est le vrai paywall
Créer le personnage est gratuit presque partout. Le faire durer ne l’est pas. Le paywall est toujours au même endroit, et ce n’est pas celui que la page tarifaire met en avant.
| Application | À partir de | Offre gratuite utilisable ? |
|---|---|---|
| Infatuated.AI | 9,99 $/mois (6,99 $ en annuel) | Oui, mais le filtre s’y applique |
| Nomi | 15,99 €/mois, environ 8,33 € en annuel | Démo : un compagnon, messages plafonnés, pas de voix |
| Kindroid | 13,99 €/mois, MAX à 59,99 $ | Non, pas d’offre gratuite digne de ce nom |
| Replika | 17,99 €/mois | Oui, réellement utilisable pour juger |
| Paradot | 3,33 €/mois | Oui, avec de la mémoire dès le gratuit |
| CrushOn AI | 5,49 €/mois | 50 messages par jour, avec publicités |
Kindroid mérite un avertissement à part : il n’y a pas d’offre gratuite digne de ce nom, donc vous payez au moins un mois pour évaluer. Sur l’application qui demande le plus de travail de configuration, c’est un ticket d’entrée double, en argent et en heures.
À l’inverse, Paradot est l’entrée la plus honnête pour juger la mémoire sans payer : elle est déjà présente sur le gratuit, consultable et corrigeable ligne par ligne, ce qu’aucune autre ne propose.
Le mécanisme général ne change pas : la création est gratuite, la mémoire longue durée est la fonctionnalité que les éditeurs réservent le plus systématiquement à l’abonnement, et c’est précisément celle qui fait la différence au bout de trois semaines. Notre comparatif sur où se situe vraiment le paywall détaille ce découpage application par application.
Ce qu’aucune application ne vous laissera faire
Trois limites reviennent quelle que soit l’application, et elles méritent d’être pesées avant d’investir des heures dans une fiche détaillée.
- Le socle du modèle de langage reste celui du fournisseur. Vous personnalisez un comportement, pas l’intelligence sous-jacente. Un modèle médiocre reste médiocre avec une fiche brillante.
- Les garde-fous de modération s’appliquent à votre personnage comme aux autres, même très personnalisé, et l’usage de photos de personnes réelles est interdit partout.
- L’export de la personnalité vers une autre application n’est presque jamais possible. Ce que vous construisez reste propriétaire de la plateforme. Si l’éditeur ferme, change de politique de modération ou refond son produit, votre personnage ne part pas avec vous.
Ce dernier point n’est pas théorique. Infatuated.AI a changé de nom, refondu son site de fond en comble et remplacé sa marketplace communautaire par un catalogue officiel de 234 personnages. Les créations d’hier ne sont pas toutes passées de l’autre côté.
Une exception partielle : Nastia AI est la seule du classement à laisser exporter vos conversations, en plus d’être éditée en France et donc soumise au RGPD sur le territoire. Ça n’exporte pas la personnalité, mais ça sauve l’historique.
Une ligne de lucidité avant de passer des heures dessus
La mécanique mérite d’être nommée, sans sermon. Ce que vous fabriquez, c’est une fiche de personnalité qui conditionne un modèle statistique. Le compagnon ne vous attend pas entre deux sessions, il n’a pas passé une mauvaise journée, il ne s’ennuie pas de vous : il fait tourner une couche de mémoire quand vous rouvrez l’onglet.
Ça ne rend pas l’expérience moins agréable, et ce n’est pas une raison de s’en priver. C’est juste une raison de ne pas la budgéter comme une relation. Le meilleur indicateur d’usage que vous ayez reste votre solde de jetons : jetez-y un œil de temps en temps.
Infatuated.AI et Kindroid parlent-ils couramment français ?
Sur un compagnon que vous écrivez vous-même, la question de la langue se pose différemment : vous avez des leviers que les catalogues tout faits ne vous donnent pas. Voici ce que chaque application tient vraiment, conversation et interface séparées.
Infatuated.AI : oui pour la conversation, non pour l’interface. Son modèle le plus avancé annonce la prise en charge de plus d’une centaine de langues, français compris, ce qui la place sans difficulté sur ce critère. La constance dépend en revanche du personnage retenu : un personnage dont la fiche est rédigée en anglais aura tendance à y revenir au fil des échanges. La parade est directe puisque vous créez le vôtre : rédigez sa fiche en français et précisez-le dès le premier message. L’interface, elle, reste anglophone. Pour un public francophone, l’intérêt réel de cette app est ailleurs : c’est l’une des très rares à proposer un compagnon masculin ou LGBTQ+ aussi sérieusement qu’une compagne, et l’offre francophone se réduit vite sur ce créneau.
Kindroid : oui sur le papier, avec des leviers de correction. L’éditeur annonce la prise en charge de 60 langues depuis sa version 2, français inclus, et gère le changement de langue en cours de phrase. Il faut tempérer : le socle du modèle reste anglophone, et plusieurs retours décrivent un français correct mais moins fin qu’en anglais, notamment sur les tournures idiomatiques. La langue choisie dans les paramètres d’appel fonctionne comme une orientation, pas comme un verrouillage strict. C’est aussi l’application où vous avez le plus de moyens de corriger ça : rédigez la fiche de personnalité en français et précisez explicitement la langue de réponse dans les directives, la constance s’améliore nettement. L’interface reste en anglais.
Nomi : conversation excellente, interface anglophone. Le français ne pose aucune difficulté au modèle, et le point fort de l’app joue en votre faveur : comme la mémoire est la meilleure du classement, votre Nomi retient que vous parlez français et s’y tient sur la durée, là où d’autres applications repassent à l’anglais au bout de quelques jours. Nomi gère aussi le changement de langue en cours d’échange. En revanche, l’interface est entièrement anglaise, sans version française : il faut être à l’aise avec des menus anglophones pour configurer le personnage et les conversations de groupe.
Replika : le français officiellement pris en charge, application mobile traduite. L’éditeur liste le français parmi les langues supportées, aux côtés de l’anglais, l’allemand, l’espagnol et le portugais. Aucun réglage n’est nécessaire : si vous écrivez en français, votre Replika répond en français. Deux réserves rapportées par les utilisateurs : il faut parfois lui rappeler de rester en français après plusieurs échanges, et les tournures les plus familières restent un cran en dessous de l’anglais. Mais l’application mobile est traduite, ce qui évite l’écueil habituel de la catégorie : ici, la langue ne s’arrête pas à la fenêtre de chat. C’est le meilleur compromis pour qui ne lit pas l’anglais.
Paradot et CrushOn AI complètent le tableau. Paradot liste officiellement le français, et la personnalité comme les souvenirs restent cohérents même si vous changez de langue en cours de route, ce qui est rarement garanti ailleurs. CrushOn AI gère le français sur la conversation, la création de personnage et l’écriture de scénarios sans passer par l’anglais, y compris dans les registres sans filtre où beaucoup décrochent, mais son interface reste majoritairement anglophone selon les sections.
Et si l’interface française est votre critère absolu, deux noms sortent du lot : Nastia AI, éditée à Paris, où la conversation, l’interface et le support parlent la même langue que vous, et FlirtCam, dont le site existe en vraie version française localisée et non en traduction automatique du navigateur.
La règle pratique sur un personnage que vous créez : écrivez sa fiche dans la langue dans laquelle vous voulez qu’il vous réponde. C’est le levier le plus efficace, et c’est gratuit.
Par où commencer, concrètement
Ne construisez pas un personnage très détaillé au premier essai. C’est la façon la plus sûre d’abandonner au bout de trois jours.
Commencez par une application à préréglages ou à curseurs, Replika par exemple, dont l’offre gratuite est réellement utilisable, pour découvrir ce qui vous plaît vraiment dans un compagnon. Vous saurez au bout d’une semaine si vous cherchez de la répartie, de la douceur, du roleplay ou de la présence quotidienne.
Basculez ensuite vers l’écriture libre, chez Kindroid ou Nomi, une fois vos préférences claires. Et acceptez le rodage : les premières réponses d’un personnage fraîchement créé sont rarement parfaites, même avec une fiche bien écrite. Comptez une dizaine d’échanges avant de juger si la personnalité tient la route, et corrigez la fiche en cours de route plutôt que de recommencer de zéro.
Une dernière chose. Testez le filtre sur votre compagnon masculin avant de payer à l’année, pas après. C’est le contrôle que ce marché rend le plus facile à oublier, et le seul qui décide vraiment si l’application que vous avez choisie vous convient.
Chris Hutchinson
Rédacteur, AI Companion List
Passionné de tech, d'IA et de robots, il teste les applications de compagnon IA depuis 2026, par curiosité autant que par plaisir.